Les recherches sur les infrastructures portent sur des questionnements clés du devenir de nos sociétés et des territoires qu’elles structurent. Elles interrogent les conditions d’une interaction viable entre les activités humaines et les écosystèmes. Elles questionnent également les modalités d’une amélioration des aménagements de ces infrastructures, afin de mieux prendre en considération la biodiversité, le paysage et le bien-être des personnes. Enfin, elles permettent de sonder la durabilité de ces relations, en les confrontant aux évolutions socio-techniques (modalités d’usage des infrastructures, innovations…), écologiques (changement climatique, artificialisation des sols, pics de ressources…) et institutionnelles (cadre juridique, pressions budgétaires, partenariats public-privé…).

Dans ce cadre, le programme de recherche ITTECOP, qui œuvre depuis 2008 à la production de recherches appliquées sur les interactions entre tous les types d’infrastructures et les territoires, a souhaité initier le lancement d'une journée jeunes chercheurs "Infrastructures, écologie et paysage, sociétés et territoires" co-organisée par  AgroParisTech – Paris 1 – ITTECOP le  24 janvier 2019 à l'AgroParisTech, Paris 5e. Cet événement a pour but de permettre aux jeunes chercheurs, doctorants, docteurs, post-doc (en cours), en sciences de l’ingénieur, en sciences humaines et sociales ainsi qu’en sciences de la vie, de faire état de leurs travaux en cours ou récemment achevés. L’intérêt d’une telle manifestation est de proposer un panorama des nouvelles thématiques et problématiques autour des infrastructures dans leur diversité (ferroviaires, routières, fluviales, énergétiques, portuaires ou aéroportuaires) et de croiser les approches avec les partenaires opérationnels et les chercheurs confirmés.

Cette journée est destinée à promouvoir les échanges sur les thématiques de recherche, les positionnements épistémologiques (notamment entre recherche fondamentale et recherche opérationnelle, sur le statut du chercheur embarqué) et questionnements méthodologiques. Elle vise aussi à favoriser une rencontre entre les doctorants, français ou étrangers, les professionnels, les acteurs des territoires, et les différents laboratoires. Elle est ainsi l’occasion de présenter des résultats fonctionnels, destinés à optimiser la réalisation des nouvelles infrastructures et la gestion dans le temps long de celles existantes.

Cette journée a notamment pour objectifs :
    • de mettre en lumière les meilleurs thèses sur les infrastructures (rail, route, fluviales, énergie, ports, aéroports) et leurs interactions avec les territoires dans une approche ouverte : socio-économique, environnementale, paysagère ou patrimoniale ;
    • de renforcer les échanges et les liens entre les milieux universitaires et professionnels concernés ;
    • de promouvoir les recherches scientifiques auprès des praticiens et des acteurs opérationnels des infrastructures.
    • d’encourager les jeunes chercheurs à engager des doctorats sur les infrastructures dans leurs différentes dimensions environnementales, paysagères, sociales ou patrimoniales et d’inciter les enseignants et les centres de recherche à les soutenir dans cette orientation.

La journée est ouverte aux jeunes chercheur(e)s (doctorants, post doc ou ayant soutenu depuis moins de trois ans) en sciences de l’ingénieur, en sciences humaines et sociales ainsi qu’en sciences de la vie. Outre la qualité scientifique du travail de recherche, les critères suivants pourront notamment être pris en compte :

    • la dimension interdisciplinaire ;
    • la dimension spatiale et/ou paysagère dans l’approche ;
    • l’usage visé par la recherche avec le caractère innovant de la démarche du point de vue opérationnel ;
    • la mise en perspective scientifique de haut niveau de la problématique.
    • les approches internationales comparées;

Cet évènement sera d’accès gratuit. Il pourra figurer dans les références des chercheurs y ayant participé. Il sera ouvert à des communications en anglais (sans traduction simultanée) et bénéficie du soutient du réseau IENE.

Axes de communication

Les communications attendues pourront porter sur l’analyse des projets d’infrastructures, sur leur gestion, sur leur évolution, au niveau local, national ou international. Elles pourront répondre à un ou plusieurs des axes suivants :

  1. Les conditions de conciliation entre les objectifs de préservation/conservation des paysages et de la biodiversité. Les communications étudieront les dispositifs mis en place pour construire ces conciliations, en tenant compte du cadre réglementaire, des contraintes financières, des enjeux écologiques… Des analyses de situations de « reconversion » d’infrastructures, ou du moins d’élargissement de leurs fonctionnalités, seront bienvenues (« écoroutes », couplage d’infrastructures linéaires avec des corridors écologiques, aménagements paysagers sous les lignes HT, etc.).
  2. Les procédures utilisées destinées à construire une gouvernance élargie lors de l’élaboration des infrastructures, mais aussi des conditions de leur gestion sur le temps moyen et long. A ce titre, les communications porteront leur attention sur les mécanismes de concertation, de participation, qui associent les opérateurs, les communautés de chercheurs, ainsi que les personnes concernés par les ITT (usagers, habitants, riverains…). L’objectif n’est pas de simplement présenter le dispositif, mais d’en apprécier le fonctionnement effectif (par exemple, en quoi les prises de position peuvent peser sur la construction et la gestion de l’ITT).
  3. Une analyse réflexive sur les conditions d’élaboration des relations entre les acteurs opérationnels (commanditaires, opérateurs…) et les communautés de chercheurs associés au projet (sciences du vivant, sciences sociales…). Les communications étudieront ainsi les conditions et effets d’une coopération entre recherche et acteurs opérationnels, avec notamment un questionnement sur les conditions d’une réciprocité dans l’échange des savoirs. Cela concerne aussi bien l’innovation engendrée par l’élaboration de nouvelles méthodes suscitées par des conditions locales ou techniques en relation avec les infrastructures que l’avancée dans le domaine de l’accompagnement, que ce soit sur le plan de l’acceptation ou de la facilitation de nouvelles procédures, normes voire réglementations.
  4. Les dimensions épistémologiques de cette coopération opérateurs/chercheurs/populations. Cette question semble être suscitée par les formes même de l’approche du sujet mobilisant des questions techniques, avec les infrastructures, des questions spatiales, touchant par exemple à la gestion du foncier ou des paysages et à leur mutation, des questions économiques et évidemment des questions écologiques.

Il conviendra d’éviter les études de cas simplement descriptives. Les communications devront insister sur les enjeux interdisciplinaires et s’appuyer sur une littérature spécialisée.

Modalités de soumission

Pour répondre à l'appel, il est demandé de compléter le formulaire en ligne en suivant ce lien.

La date limite de soumission du formulaire est fixée au 5 novembre 2018 12h (midi).

Les doctorants ayant envoyé une proposition de communication seront informés le 3 décembre 2018 des modalités précises d'intervention (temps imparti, horaires, atelier concerné), lesquelles seront définies en fonction du nombre de participants.

Sélection des communications

Le comité d’organisation et le comité scientifique sont en charge de la sélection des propositions de contributions.

Comité d’organisation:

  • Yannick Autret, MTES/CGDD – ITTECOP
  • Sophie Bonin, ENSP Versailles
  • Viviane Deget,  RTE – CILB
  • Marthe Lucas, université d’Avignon - sous réserves
  • Pierre Pech, université Paris 1
  • Judith Raoul-Duval, zogma
  • Bruno Villalba, AgroParisTech
  • David Zambon, IDRRIM

Conseil scientifique et d’expertise:

  • Aüllo Thomas, Terega - sous réserves
  • Clauzel Céline, Université Paris Diderot
  • Clergeau Philippe, Museum national d’histoire naturelle
  • Davasse Bernard, Ecole du paysage de Bordeaux
  • Delbaere Denis, ENSAP Lille
  • Drouin Nathalie, UQAM - Kheops
  • Gastineau Pascal, Ifsttar
  • Gouraud Véronique, EDF R&D - sous réserves
  • Guttinger Philippe, université Paris X
  • Hay Julien, université de Bretagne Occidentale
  • Le Lay Yves, ENS Lyon
  • Pedroli Bas, Wageningen - Pays Bas
  • Raymond Richard, Ladyss - CNRS
  • Reinert Marie-Eve, Institut EIFER - Karlsruhe
  • Rosell Pagès Carmé, Minurtia - Catalogne
  • Tabacchi Eric, université Toulouse 3
  • Trocmé Marguerite, Office fédéral suisse des routes
  • Vanpeene Sylvie, Irstea

Partenaires

Cette journée est organisée par AgroParisTech et l’université Paris 1, en partenariat avec les sociétés membres du CILB (club infrastructures linéaires et biodiversité), le MTES (Ministère de la transition écologique et solidaire) au travers du programme de recherche ITTECOP et l’IDRRIM (institut des rues, des routes, des infrastructures et de la mobilité). Elle est soutenue par le réseau européen de recherche IENE dédié aux interactions entre infrastructures et biodiversité.

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