Infrastructures de transports terrestres, écosystèmes et paysages

CERISE

Les facteurs déterminant la distribution d’une communauté d’amphibiens dans les bassins d’orage routiers : une étude de cas dans la plaine agricole du Bas-Rhin, France
Projet: Labellisé
En cours

Responsable(s) Scientifique(s) :

Jumeau
Jonathan
/ Organisation: CNRS
jumeau.jonathan@gmail.com

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Valorisation


Les facteurs déterminant la distribution d’une communauté d’amphibiens dans les bassins d’orage routiers : une étude de cas dans la plaine agricole du Bas-Rhin, France
Les facteurs déterminant la distribution d’une communauté d’amphibiens dans les bassins d’orage routiers : une étude de cas dans la plaine agricole du Bas-Rhin, France
Le programme de recherche CERISE étudie depuis plusieurs années les méthodes de prédiction statistiques de collisions avec la faune sauvage, l’étude (variations techniques et temporelles) et l’amélioration des passages pour la petite-faune, ainsi que les habitats créés par la route.

Les bassins d’orage routiers, construits le long des linéaires pour stocker les eaux de ruissellement chargées en polluants provenant des routes, constitueraient l’un de ces habitats. Pour éviter que les amphibiens ne les colonisent, (les polluants ayant de graves effets génotoxiques), des mesures de cloisonnement sont installées. Cependant, force est de constater que des amphibiens sont régulièrement recensés dans ces bassins, malgré ces mesures. Et pour cause, dans le paysage étudié, la plaine agricole du Bas-Rhin, il ne reste guère de zones humides, habitats de ces espèces, qui n’auraient pas d’autre choix que de coloniser ces habitats artificiels.

L’ampleur de ce phénomène d’utilisation des bassins d’orage routiers par les amphibiens, dans ce contexte de paysage anthropisé, est étudié.

Dans un premier temps, l’ensemble des 84 bassins à ciel ouvert du réseau routier départemental du Bas-Rhin a été prospecté durant une saison de reproduction selon un protocole POPAmphibiens Communauté afin d’établir la proportion de bassins colonisés ainsi que le nombre d’espèces et d’individus y résidant. Ces indices écologiques (richesse spécifique et abondance) ont été comparés à ceux de mares semi-naturelles prospectées à la même période mais exemptes de toute pollution routière. Des malformations morphologiques ont également été recherchées sur les adultes. Dans un second temps, les facteurs influençant ces indices écologiques ont été recherchés. Pour cela, des modèles en arbres de régression boostés ont été créés utilisant différents paramètres de conception des bassins (dont les mesures de cloisonnement), la concentration de différents polluants, l’occupation du sol autour des bassins et différents paramètres biologiques, comme facteurs explicatifs.

Des amphibiens ont été trouvés, à différents stades de développement, dans 84% des bassins (résultat statistiquement identique aux mares semi-naturelles prospectées), correspondant à 14 des 15 espèces de la zone dont la biologie est adaptée aux points d’eaux permanents (contre 9 sur 15 dans les mares semi-naturelles), comprenant des espèces rares et protégées. Il y avait en moyenne autant d’adultes par site dans les bassins que dans les mares semi-naturelles.