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TRAMENOIRE - Programme d'étude et de recherche pour le développement de la trame noire de l’agglomération lilloise

Programme d'étude et de recherche pour le développement de la trame noire de l’agglomération lilloise
Projet: Labellisé
En cours

Responsable(s) Scientifique(s) :

Faure
Baptiste
/ Organisation: Biotope
bfaure@biotope.fr

Rapports & Synthèses


Présentations & Poster

Présentation
Poster

Valorisation


En Europe, toutes les espèces de chauve-souris sont nocturnes. Elles sont particulièrement sensibles aux perturbations liées à la pollution lumineuse qui fragmente leur territoire. En conséquence, elles adaptent et allongent leurs routes de vol, elles sont privées de nombreux terrains de chasse, trop éclairés, et voient les zones sombres restantes appauvries en insectes, attirés par les sources lumineuses artificielles. Dans certains cas, la survie et le succès de reproduction des individus sont compromis.

La Métropole Européenne de Lille renouvelle son parc d’éclairage public et en profite pour réfléchir à la mise en place d’une trame noire afin d’améliorer la connectivité des espaces obscurs. Elle s’appuie pour cela sur un consortium de recherche pluridisciplinaire.

Le projet TRAMENOIRE cherche à répondre à trois questions :

  • Pout-on s’appuyer du le réseau de corridors existant pour le développement d’une trame noire locale ?
  • Quel est l’état actuel de la connectivité écologique nocturne à l’échelle de la Métropole ?
  • Peut-on améliorer cette connectivité en réduisant l’intensité lumineuse ?

Des enregistrements, analyses et modélisations selon des gradients d'intensité lumineuse, d'urbanisation et d'éléments arborés ont permis de comprendre l’influence de la pollution lumineuse sur la distribution spatiale et l’activité des chiroptères puis de prédire et cartographier la distribution attendue de quatre espèces[1], pour enfin recommander des actions concrètes de conservation. Quatre scénarios d'éclairage (réduction de l'intensité lumineuse dans les parcs urbains, les autoroutes, dans les communes de moins de 10000 habitants et/ou de plus de 10000 habitants) ont ainsi été testés pour aboutir à des corridors les plus fonctionnels possibles pour les chiroptères.

Et pour les hommes ? Ces scénarios sont-ils acceptés par les habitants et par les professionnels de la ville ? Le volet social du projet TRAMENOIRE a aussi pour objectif de conforter le concept de trame noire et d’en optimiser la mise en œuvre opérationnelle. L’étude de sa perception par le public était donc primordiale.

Une analyse réalisée sur plusieurs communes montre que le concept de Trame noire en France est encore très jeune et mal défini. Les résultats d’enquête auprès de la population montrent qu’à priori, la trame noire est socialement acceptable.

Les enquêtes révèlent la bonne connaissance des citadins en matière de faune nocturne et ceux-ci ont également conscience de la diversité des espèces avec lesquelles ils cohabitent en zone urbaine et périurbaine. Alors que les espèces nocturnes sont généralement bien appréciées, la chauve-souris suscite beaucoup d’indifférence et intéresse moins de la moitié des enquêtés.

La grande majorité des personnes interrogées s’accordent sur les effets néfastes de l’absence de nuit sur la faune nocturne. D’une manière générale, les citadins se disent prêts à renoncer au confort que leur octroie l’éclairage public pour protéger ces espèces des méfaits de la lumière artificielle.

Les résultats de l’étude mettent en évidence l’intérêt d’associer les riverains dès le début des projets de mise en place d’une trame noire. Il parait également intéressant d’expérimenter des modifications de l’éclairage public pour étudier les effets sur la biodiversité et pour étudier l’acceptabilité sociale des modes innovants d’éclairage public mis en place lors de la création d’une trame noire.