TGB

Entre trames grise et bleue : impacts réciproques des corridors ILTT et fluviaux sur la structuration et la dynamique de la biodiversité végétale
ITTECOP Apr 2014
Projet: Recherche
Achevé

Responsable(s) Scientifique(s)

Eric
TABACCHI
/ Organisation: UMR 5245 ECOLAB, CNRS, Université Toulouse III
eric.tabacch [at] univ-tlse3.fr

Rapports & Synthèses

Synthèse
Rapport final

Présentations & Poster

Présentation

Valorisations


Entre trames grise et bleue : impacts réciproques des corridors ILTT et fluviaux sur la structuration et la dynamique de la biodiversité végétale

Le projet TGB a pour objectif principal de comprendre l’organisation locale et régionale de la diversité végétale le long d’un type de corridor « naturel » (corridor fluvial ), pris comme référentiel, et le long de deux types d’origine anthropique, les corridors routiers et les lignes Haute Tension. Une hypothèse particulière de ce travail est que les intersections entre fleuve et corridors d’infrastructure constituent des entités nodales d’intérêt pour la structuration de la biodiversité, à l’échelle locale ou régionale. TGB s’intéresse aussi à la perception de cette biodiversité et de sa gestion par les acteurs fréquentant ces types de corridors.

L’approche écologique est centrée sur un échantillonnage intensif (près de 6000 unités au total distribuées sur 19 localités) des communautés végétales, le long de la Garonne, fleuve considéré comme fortement anthropisé, et de l’Adour, considéré comme plus faiblement impacté. Le gradient biogéographique supporté par ces deux axes a révélé une richesse spécifique régionale élevée (env. 1500 espèces) en dépit d’une pression d’échantillonnage assez faible. Cette diversité témoigne d’une capacité d’accueil élevée des trois types de corridors analysés. Si la diversité locale des lignes HT s’avère la plus faible, mais pourtant loin d’être négligeable, celle observée en bords de route, contre toute attente, s’avère quasiment aussi élevée que celle observée en zone riveraine. Localement, les niveaux de richesse sont même exceptionnels (plus de 50 espèces/m²). Globalement la biodiversité observée peut être qualifiée de « banale » mais son potentiel fonctionnel reste élevé. Le régime de perturbations, naturelles ou anthropiques, demeure le principal contrôle de la biodiversité, avec la nature de l’interfaçage des corridors avec le paysage de la matrice qu’ils traversent. Les intersections entre corridors sont effectivement des points singuliers, marqués par une déplétion locale de biodiversité en milieu fluvial, en lien avec les pratiques de gestion. Aucune propagation de ce signal n’a toutefois été observée loin des ponts ou des enjambements HT. La perception de la biodiversité et des nécessités de gestion ne sont pas nécessairement cohérents avec ces résultats, ce qui suggère l’importance d’une sensibilisation tenant compte du positionnement social des acteurs. Un réajustement des pratiques de gestion, tenant mieux compte des perturbations physiques, qui pourraient être utilisées comme des outils d’ajustement de la biodiversité, pourrait être envisagé.

Enfin, la nécessité d’une planification concertée entre gestionnaires de corridors différents apparaît comme une condition du maintien ou de l’amélioration de cette situation, dans un contexte de changements environnementaux majeurs.