Infrastructures de transports terrestres, écosystèmes et paysages

[Thèse] Bassins autoroutiers et amphibiens en France : des fonctionnalités écologiques aux pratiques de gestion. Approche géographique d'un complexe socio-écologique

[lundi 21 septembre 2020 12:26]
[mercredi 23 juin 2021 14:51]

Laura Clevenot soutiendra sa thèse le 6 octobre prochain.

Résumé :

Les infrastructures de transport terrestres sont connues pour avoir des impacts négatifs majeurs sur les espèces et la dynamique des écosystèmes, entraînant l'altération et la fragmentation des habitats et des trames paysagères. Mais la construction de ces infrastructures peut également être à l’origine de la création de nouveaux milieux, notamment par le biais des mesures mises en œuvre pour en réduire les impacts. Construits initialement pour éviter les inondations, les bassins d'eaux pluviales permettent également de limiter le rejet, dans le milieu naturel, des polluants issus de l’infrastructure, fonctionnant ainsi comme une zone tampon. Scientifiques et gestionnaires font aujourd'hui le constat d'une utilisation spontanée de ces bassins par plusieurs espèces d’amphibiens. Ces espèces, dépendantes, à la fois, de milieux terrestres et aquatiques, sont particulièrement sensibles à la qualité et la connectivité de leurs habitats. Cette thèse s’interroge ainsi sur le rôle que peuvent jouer les bassins autoroutiers pour les amphibiens, en tant qu’habitat de reproduction, mais également en tant qu’éléments pouvant favoriser les continuités écologiques favorables à ces espèces, en appréhendant ces interactions sous le prisme des socio-écosystèmes. L'intérêt est ici principalement porté sur les pratiques de gestion mises en œuvre dans ces bassins, leurs impacts sur les amphibiens ainsi que les modalités de leur adaptation au regard de cet enjeu écologique. Dans un même temps, cette recherche questionne la capacité des différents acteurs, gestionnaires autoroutiers mais aussi gestionnaire d'espaces naturels adjacents, à envisager l’interdépendance écologique entre les emprises des infrastructures de transport et les territoires qu'elles traversent, en s’appuyant notamment sur les représentations associées à la biodiversité et aux infrastructures de transport. Ainsi, à travers une démarche pluridisciplinaire mêlant relevés écologiques, analyse spatiale et entretiens semi-directifs, cette thèse tend à contribuer à une meilleure prise en charge des enjeux de biodiversité sur et aux abords des infrastructures de transport.

Le manuscrit de thèse est en téléchargement libre.

Elle a été réalisée sous la co-direction de Catherine CARRÉ (professeure à l'université Paris 1) et Pierre PECH (professeur à l'université Paris 1). Le jury sera composé, en plus de deux directeur.ice.s de thèse, de :

  • Jean-Christophe FOLTÊTE, Professeur, Université de Franche-Comté (examinateur)
  • Magalie FRANCHOMME, Maître de conférences, Université de Lille (examinatrice)
  • Nathalie FRASCARIA-LACOSTE, Professeure, AgroParisTech (rapportrice)
  • Laurent GODET, Directeur de recherche, CNRS (rapporteur)
  • Pascal MARTY, Professeur, Université Paris 1 (examinateur)
  • Karine TOURRET, Responsable environnement chez APRR (invitée)