Infrastructures de transports terrestres, écosystèmes et paysages

[Appel à communication] DEMAIN, Nature et Ville ? jusqu’au 31 janvier 2022

[vendredi 17 décembre 2021 15:13]
[vendredi 17 décembre 2021 16:42]

Les concepts de « nature » et de « ville » ainsi que leurs relations sont actuellement rediscutés et débattus dans la sphère scientifique, du côté des sciences du vivant comme du côté des spécialistes des études urbaines. En revanche, les dimensions temporelles, projectuelles et prospectives de ces relations, dans toute leur complexité, sont relativement absentes des débats, alors même qu’elles sont constitutives des phénomènes naturels comme urbains.

La ville comme les éléments de nature évoluent à des rythmes différents, et les processus en œuvre sont complexes et interconnectés. Certains de ces processus relèvent des dynamiques thermiques et hydriques, des flux de nutriments, des ressources écologiques et des flux d’individus et d’espèces, et font ainsi référence à la climatologie, la pédologie, l’hydrologie et l’écologie. D’autres processus relèvent des usages anthropiques, des pratiques, des représentations et des prises de décision, individuelles et collectives, donc de l’anthropologie, de la sociologie et des sciences politiques sous-tendus par des phénomènes d’ordre économique, culturel, psychologique et cognitif.

Le temps, comme concept, est sans doute l’un des plus difficiles à saisir, tout comme la dimension temporelle des relations entre « ville » et « nature », que ce soit sur le plan théorique ou pratique. Elle articule plusieurs degrés de complexité : la complexité des temporalités des processus urbains et naturels sur le très long terme, celle des temporalités relatives à la fabrique de la ville, y compris dans sa dimension naturelle, enfin la complexité des temporalités des usages et des prises de décision civiles et politiques. Sur le plan écologique, les temporalités longues ou éphémères des conditions spatiales, édaphiques et climatiques des activités urbaines, ainsi que les diverses pratiques des usagers façonnent les communautés biotiques et leurs dynamiques. L’imbrication de ces multiples temporalités rend difficile la compréhension du fonctionnement global des relations passées et actuelles entre ville et nature. Quant aux relations futures, subies, redoutées et désirées, elles restent à explorer.

Dans ce colloque, la question que nous posons est celle de la saisie du devenir des relations entre nature et ville. En prenant du recul sur le passé, en tenant compte des changements globaux vécus et projetés, vers quelles relations futures nous tourner ? Qu’en déduire à court terme, moyen terme et très long terme ? Que craindre ? Qu’espérer ? Que faire ? C’est pourquoi le terme « Demain » du titre du colloque est à considérer au sens pratique d’un avenir très proche comme au sens métaphorique de l’avenir de l’humanité, toutes échéances confondues.

Calendrier :

Diffusion du présent appel à communications : 30 novembre 2021

Remise des propositions de communication : jusqu’au 31 janvier 2022

Réponse du comité scientifique (acceptation/refus des propositions) : 28 février 2022

Diffusion du programme définitif : 2 mai 2022

Tenue du colloque : 20-22 juin 2022

Pour ce colloque, quatre approches, présentées ici de façon synthétique, sont envisagées :

  • TENDANCES ET ACTEURS / Comment les acteurs en place – gestionnaires, élus, habitants, concepteurs et porteurs de projets – considèrent la « nature » et agissent avec elle ? Comment cela se répercute sur les fonctionnements écologiques en ville ? La connaissance qu’ont les acteurs de l’évolution récente de la nature en ville les amène-t-ils à lui conférer une place particulière pour un avenir proche ? Quelles sont les orientations en cours ?

 

  • SCENARIOS ET PROSPECTIVES / Quels sont les scénarios d’évolution de la nature en ville, tels qu’ils sont imaginés par les scientifiques aussi bien que par les structures civiles et techniques ? Quels modèles urbains (sur les plans spatiaux, architecturaux ainsi que sur les plans sociaux et politiques) se prétendent plus aptes à accueillir une biodiversité riche ? Quelles sont les caractéristiques des communautés biotiques qui peuvent coloniser ou se maintenir en ville et comment utiliser cette connaissance dans les projets urbains ?

 

  • FUTUROLOGIES / Quels sont les scénarios envisageables hors du champ scientifique : que nous apportent la futurologie, la science-fiction dans ses différentes formes (littéraire, cinématographique…), la poésie, l’art : comment ces futurologies peuvent-elles nous amener à réfléchir de façon renouvelée ? Comment les sciences se saisissent-elle de cet imaginaire ? Quels sont les apports et le rôle de l’imagination dans la construction des représentations des acteurs et dans la détermination et l’orientation de leur capacité à agir ?

 

  • RETROSPECTIONS / L’histoire est-elle en capacité d’apprécier les phénomènes susceptibles de nous aider à comprendre les réalités actuelles et de nous donner des pistes de réflexion pour les actions à venir ? Le tarissement des ressources naturelles a déjà, par le passé, induit des effets majeurs sur le fonctionnement des villes et des territoires. Quelles comparaisons peut-on faire entre passés et futurs ?

 

Une originalité de ce colloque est de chercher à décloisonner et croiser les différents domaines travaillant sur la dimension future des relations entre « nature » et « ville ». Nous attendons des propositions de communications de toutes origines : scientifiques, littéraires, cinématographiques, techniques, administratives, de science-fiction, d’expertise… Les propositions à plusieurs auteurs, de gestionnaires et de scientifiques, d’élus et de littéraires, d’auteurs de science-fiction et d’experts, de maîtres d’ouvrage et de concepteurs (toute combinaison est valable) seront les bienvenues.

Sur le plan scientifique, les propositions peuvent provenir de toutes les disciplines. La liste qui suit n’est pas exhaustive : écologie, biologie, urbanisme, droit, science politique, littérature, philosophie, histoire, géographie, psychologie, sociologie, anthropologie, sciences de l’information et de la communication, sciences de l’éducation, économie, architecture et paysage…

Ces propositions devront cependant montrer que le propos mobilisera bien les trois dimensions attendues : « demain », « nature » et « ville ».

Afin d’envisager les réflexions interdisciplinaires par une approche théorique mais aussi par le terrain, le colloque se déroulera en deux moments complémentaires et alternés. Le premier, classique, sera celui des présentations, des prises de position et des débats. Le second visera à croiser les approches à travers des parcours organisés dans la ville de Blois. Ce sera l’occasion de croiser les perceptions, les interprétations sur les relations entre nature et ville et de s’interroger collectivement sur ce que pourraient être demain ces relations.

 

Responsables scientifiques :

Sébastien Bonthoux, maître de conférences en écologie, CITERES, INSA Centre-Val-de-Loire

Denis Martouzet, professeur des universités en aménagement de l’espace et urbanisme, CITERES, Université de Tours

 

Comité scientifique :

Marie Baltzinger, docteure en écologie

Rémi Beau, chargé de recherche en philosophie, IEES, Sorbonne Université

Raphaële Bertho, maîtresse de conférences en histoire de l’art, INTRU, Université de Tours

Didier Boisseuil, maître de conférences en histoire médiévale, CETHIS, Université de Tours

Sébastien Bonthoux, maître de conférences en écologie, CITERES, ENP - INSA Centre-Val-de-Loire

Pascale Dalix, architecte dplg et urbaniste, Agence ChartierDalix

Denis Delbaere, professeur en Ville et Territoire, paysagiste, LACTH, ENSAPL

Laurent Gerbier, maître de conférences en philosophie, INTRU, Université de Tours

Denis Martouzet, professeur des universités en urbanisme, CITERES, Université de Tours

Sylvie Miaux, professeur de géographie, Université du Québec à Trois-Rivières

Sylvain Morin, paysagiste concepteur, Atelier Altern, enseignant à l’ENP-INSA Centre-Val-de-Loire

Sylvain Pincebourde, chargé de recherche en écologie, IRBI, Université de Tours

Joëlle Salomon Cavin, professeur de géographie, Université de Lausanne

 

Comité d’organisation :

Sébastien Bonthoux, maître de conférences en écologie, CITERES, INSA Centre-Val-de-Loire

Valentin Coignard, animateur scientifique du réseau de recherche thématique MiDi

Denis Martouzet, professeur des universités en urbanisme, CITERES, Université de Tours

Géraldine Roy, gestionnaire du service de la recherche, INSA Centre-Val-de-Loire

Sylvie Servain, professeur des universités en géographie, CITERES, INSA Centre-Val-de-Loire